L'huître biologique : produire différemment pour se démarquer



De plus en plus de produits dits biologiques sont proposés aujourd’hui aux consommateurs.

L’huître, et plus généralement l’ensemble des produits d’aquaculture, n’échappent pas à cette tendance de fond.

Quel intérêt à valoriser sa production ostréicole en biologique ? Qu’est ce qu’une huître biologique ? Quelle démarche devez-vous engager si vous souhaitez convertir votre production aquacole au bio ?

Le marché du bio, un marché de différenciation en pleine croissance

La demande en produits biologiques est de plus en plus forte. D’après le dernier Baromètre Agence BIO / CSA 2015, 9 Français sur 10 consomment désormais bio, au moins occasionnellement, alors qu’ils n’étaient encore que 54 % en 2003. 65 % en consomment même régulièrement, c’est-à-dire au moins une fois par mois, contre 37 % en 2003.

La croissance de la consommation de produits aquacoles biologiques en France depuis 2010 est estimée à environ +40 %. Cependant une écrasante majorité des produits proviennent d’importation.

Produire des huîtres bio peut donc s’inscrire dans une stratégie commerciale.

Les produits sont mieux valorisés. Le consommateur, rassuré par le mode de production et la volonté de limiter l’impact de la production sur l’environnement, est prêt à payer plus cher l’huître biologique.

L’huître bio sait se démarquer grâce à ses labels largement reconnus des consommateurs,.

Comment se différencie l’huître biologique ?

Elle est issue du captage naturel ou d’écloseries certifiées bio. Le règlement Européen 710/2009 stipule qu’à compter du 01/01/2017 (initialement 01/01/2016 puis prolongé), 100 % des huîtres juvéniles d’écloseries doivent être biologiques.

La polyploïdie (huître triploïde) est interdite.

Les animaux doivent être élevés dans des eaux répondant aux critères applicables aux zones de la classe A ou de classe B telles que définies par le règlement (CE) n° 854/2004. Les zones de production sont situées dans des eaux de haute qualité écologique telles que définies par la directive cadre sur l’eau (DCE).

Les zones répondant à la notion de « haute qualité écologique » sont :

  • celles dont les masses d’eau sont classées « bon état écologique » ou « très bon état écologique », et « bon état chimique » dans le cadre de la transposition de la directive 2000/60/CE;
  • si la masse d'eau ne correspond pas aux critères ci dessus, l'opérateur doit prouver que la zone de production répond aux mêmes critères que ceux mis en œuvre pour réaliser le classement visé ci-dessus, tels que fixés par l’arrêté du 25 janvier 2010.

Le ou les éléments de qualité ayant conduit au déclassement de la masse d'eau devront être identifiés. L'évaluation conduite pour la qualification de la zone de production sera effectuée sur la base des méthodologies établies par l'IFREMER pour le classement au titre de la directive 2000/60/ CE.

Le mode de production doit bien entendu respecter l’environnement (énergies renouvelables favorisées...).

Point également très important, la production biologique doit être séparée de la production qui ne l’est pas.

L’ensemble des mouvements d’animaux doit figurer sur un cahier d’élevage.

Des contrôles réguliers d’organismes certificateurs sont obligatoires.

Quelles démarches pour mettre en place une production d’huître biologique ?

Passer d’une production conventionnelle à une production certifiée biologique nécessite un délai de conversion. Ce délai est fonction du type de structure. Pour une production en pleine mer, la période de conversion est de 3 mois.

A la mise en place de la production biologique, un Plan de Gestion Durable doit être mis en place comme le stipulent les articles 6-3 et 25-3 du règlement européen 889/2008. Si la production annuelle dépasse 20 tonnes ce plan sera remplacé par une étude environnementale réalisée par un bureau d’étude. Une actualisation annuelle est exigée.

Le passage au bio doit s’inscrire dans une démarche de long terme. La production certifiée bio nécessite le respect de procédures bien particulières, des investissements en temps et en matériel qui ne pourront être rentabilisés qu’à moyen ou long terme.

Avant de bouleverser votre mode de production, il est indispensable de réaliser un diagnostic technique mais également économique de votre entreprise afin d’évaluer la faisabilité de votre projet.

Le CGO peut réaliser à vos côtés un diagnostic économique de votre entreprise, pour mesurer les marges de manœuvre en vue de votre conversion.

Il sera ensuite temps de consulter un organisme certificateur qui vous guidera pour obtenir votre licence et votre certificat de garantie biologique.


Tags : ostréiculture biologique, huître biologique, huître bio


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