Aléas climatiques : Piloter sa trésorerie dans la tourmente !



La campagne 2018 a de nouveau été marquée par d’importants aléas climatiques, en particulier la grêle, qui ont pu localement détruire une bonne partie des récoltes. Malheureusement, il s’agit souvent de zones déjà impactées par les épisodes de gel et grêle des années précédentes. Avec une récolte faible, voire nulle dans les cas les plus extrêmes, il faut pourtant finir de régler les frais engagés sur cette récolte et financer la prochaine campagne. Dans une telle situation, le budget de trésorerie est un outil simple et précieux d’aide à la décision.

La trésorerie, un premier indicateur de gestion de l’entreprise

Excédent brut d’exploitation, capacité d’autofinancement, fonds de roulement… la gestion économique et financière d’une entreprise, avec son «Jargon», peut souvent sembler assez abstraite et complexe. Il existe pourtant un premier niveau de gestion financière qui peut s’appuyer sur une notion plus concrète, la trésorerie. Elle correspond tout simplement aux liquidités dont dispose une entreprise pour fonctionner au quotidien, son ''carburant'' en quelque sorte.

De même, sans être mécanicien, tout conducteur surveille sa jauge et adapte sa vitesse ou son trajet en fonction de la distance jusqu’à la prochaine station. Sans pousser plus loin la métaphore, tout chef d'entreprise suit sa trésorerie et peut, jusqu’à un certain point, adapter ses dépenses en fonction des recettes à venir.

Le budget de quoi ?

Derrière ce ‘’gros mot’’ se cache une réalité toute simple. Le budget de trésorerie, c’est un outil de gestion simple et opérationnel aussi bien pour votre foyer que votre entreprise ! En effet, il s’agit simplement de planifier les dépenses et les recettes à venir sur un calendrier. Il existe juste quelques principes de bon sens à respecter :

  • Adaptez la périodicité et la durée à votre activité : au mois et sur un an pour un céréalier ou un viticulteur, mais à la semaine et sur quelques mois pour un commerçant ou un ostréiculteur en vente directe
  • Limitez-vous aux principales recettes et dépenses en termes de montant ou d’importance (assurances par exemple)
  • Veillez à ce que le document soit visuel, en utilisant par exemple une couleur et ou un signe (-/+) différent pour les dépenses et les recettes
  • Une fois établi, faites-le vivre en l’actualisant régulièrement, voire en le prolongeant.

Et après, on fait quoi ?

D’abord, indiquez le solde initial du compte bancaire de votre entreprise et calculez-le à la fin de chaque période (semaine ou mois) en ajoutant les recettes et soustrayant les dépenses correspondantes.

Ensuite, identifiez les périodes sur lesquelles le solde du compte bancaire est négatif ou inférieur au découvert autorisé.

En vous appuyant sur ce document, il faut explorer tous les leviers possibles auprès de vos fournisseurs et de votre banque. Il n’est pas possible d'en faire la liste complète mais on pourra citer :

  • la mise en place de lignes de trésorerie à court terme (ouverture de crédit, prêt primes, prêt de campagne,…)
  • Le financement à crédit des approvisionnements par votre organismes stockeur jusqu’à la prochaine récolte
  • Les modulations, contractuelles ou pas, des prêts (diminution voire report d’échéance)
  • La sollicitation d’aides (prises en charge de cotisations, demande de RSA,…),...

Et bien sûr, éviter toutes les dépense qui peuvent l’être, en reportant par exemple vos investissements !

Adapter les recettes : focus sur la viticulture

De par ses spécificités, la viticulture de la région cognac dispose de mécanismes qui peuvent également permettre de jouer sur les recettes. Là encore, sans chercher à être exhaustif et en fonction des situations, on pourra citer :

  • Le déblocage de la réserve climatique
  • La vente de stocks libres, en particulier les volumes libérés des réserves de gestion
  • L’ajustement des volumes vendus et de leur répartition entre vin/00 et bonnes fins
  • La mise en place de warrants sur les stocks…

Une préoccupation : anticiper

Que ce soit avec votre banque ou vos fournisseurs, la négociation est facilitée si elle est engagée avant le défaut de paiement. Le budget de trésorerie doit vous permettre d’anticiper ces démarches.

Pour autant, en fonction de l’ampleur des difficultés, l’accord devra parfois être recherché dans le cadre d’un règlement amiable. Cette procédure vise simplement à offrir un cadre de négociation plus sécurisé pour toutes les parties et ne doit pas être dramatisée. Par contre, elle ne peut se mettre en place que si l’entreprise n’est pas encore en défaut de paiement… donc elle doit être anticipée !

Nos Conseillers d’entreprise sont à votre disposition, pour tout complément d’informations ou pour vous aider dans la réalisation d’un outil de gestion.


Tags : trésorie, Aléas climatiques


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