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COVID-19, Quels impacts pour le secteur agricole ?

Annoncées par le Premier ministre le samedi 14 mars 2020, de nouvelles mesures de protection contre la propagation du coronavirus nécessitent la fermeture de certains établissements.

Le public ne pourra plus accéder aux lieux dits « non indispensables » mentionnés à l’arrêté du 15 mars 2020 () tels que les bars, les cinémas et autres commerces (non-alimentaires, pharmacies, tabacs-presse, établissements sportifs) jusqu’au 15 avril 2020.

Néanmoins, les activités agricoles sont exclues de cette interdiction à condition de respecter les mesures « barrières » d’hygiène et de distanciation sociale. Quelques précisions :

L’alimentation : une priorité

L’alimentation des populations confinées étant une « priorité absolue », l’activité agricole n’est pas concernée par les restrictions d’activités liées à la lutte contre le coronavirus.

Les approvisionnements alimentaires sont assurés

Le Ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation, Didier Guillaume, a indiqué qu’« il n’y a pas de risque de pénurie ». Les agriculteurs et acteurs du secteur agricole « pourront poursuivre leur activité, qui ne peut être réalisée en télétravail, à condition de respecter les gestes-barrières à la transmission du virus de manière stricte, ainsi que les formalités administratives nécessaires à la circulation des personnes ».

Le Ministre a adressé une lettre aux agriculteurs et aux salariés agricoles, « premier maillon de la chaîne alimentaire dont le travail quotidien est primordial » dans laquelle il encourage les agriculteurs à continuer leur travail et y reconnaît leur importance dans la société Française.

Maintien des soins aux animaux

Les premiers éléments d’échanges avec nos agriculteurs permettent de confirmer les propos de la France Agricole : l’Ordre des vétérinaires a fait savoir dans son communiqué que les vétérinaires continuerons dassurer leurs services auprès des animaux nécessitant des soins ne pouvant être reportés : contrôles et inspections programmés dans le cadre de la prophylaxie et de l’abattage, surveillances des maladies contagieuses, interventions en lien avec la qualité sanitaire des denrées.

Poursuivre l’activité agricole avec le printemps

Alors que les travaux des champs et les premières récoltes démarrent, avec une semaine de conditions climatiques favorables et après plusieurs semaines de retards causés par la pluie, les agriculteurs vont se lancer massivement dans leurs différents travaux tels que les semis et les fauches.

Les 2 300 coopératives agricoles de France produisant 40 % des produits agroalimentaires vendus dans la grande distribution continuent leur fabrication en vue d’approvisionner les grandes surfaces et de répondre à la demande des consommateurs.

Semis : organisation des ETA, mécanique agricole et fournisseurs d’approvisionnements

Les adhérents du CGO nous ont préciser également que les concessionnaires de matériels agricoles restent ouverts afin d’assurer le support technique et le service après-vente. Leurs approvisionnements de pièces est néanmoins dépendant des transporteurs. Il arrive que les ateliers soient fermés mais des permanences pour les urgences sont alors mises en place. Nous vous recommandons de prendre rendez-vous avant tout déplacement.

Les dépannages à domicile restent pour le moment d’actualité, tout en préservant les mesures d’hygiène et de sécurité (lavage des mains, un mètre de distance, ne pas se serrer la main).

Les ETA peuvent être contactées pour réaliser vos semis, le contact préalable se réalisant bien évidemment par téléphone ou par mail.

Recours aux salariés des secteurs non essentiels ?

Les travailleurs mis en chômage partiel dans les secteurs non essentiels pourraient venir travailler chez les agriculteurs et éleveurs à condition qu’ils aient la garantie de conserver leur emploi d’origine. Ces questions sont en cours d’étude au Ministère du Travail.

Les agriculteurs français demandent donc une dérogation pour le travail en agriculture. Des mesures concernant le contingent d’heures de travail est également à l’étude : dérogation à la durée hebdomadaire maximale de travail, défiscalisation des heures supplémentaires, facilitation de la mise à disposition de salariés entre entreprises, … . Ce point sera préciser dans une prochaine information sur notre site.

Marché agricole

Au niveau mondial, le cours des céréales a décroché ces derniers jours. En effet la propagation du COVID-19 affecte les ports européens qui expédient à haut régime pendant que le ralentissement est craint en France avec les mesures de confinement généralisées et la faiblesse du transport intérieur. Les exportateurs sont à ce jour incertains de l’offre future pendant que la demande fait diminuer à grande vitesse leurs stocks.

Néanmoins, localement, on observe des points positifs et négatifs selon la filière concernée. Le secteur de l’élevage est impacté mais les laiteries continuent de tourner, pendant que les viticulteurs sont pour l’instant peu touchés par la crise sanitaire.

Informations locales

Élevage

Les laiteries continuent à collecter le lait, la fourniture d’aliments concentré pour les animaux reste un secteur prioritaire, et les livraisons ont bien lieues.

Néanmoins, les marchés aux bestiaux sont en train de fermer, la collecte des veaux de 8 jours n’est pas assurée pour le moment et la vente de broutards est quasiment arrêtée en raison des ventes impossibles vers l’Italie. Également, les ventes de taurillons et jeunes bovins sont d’actualité mais les transporteurs manquent à l’appel.

Par ailleurs, les vétérinaires restent ouverts et répondent à la demande des éleveurs.

Viticulture d’appellation - AOP Cognac

Il semblerait qu’aucune baisse des achats n’ai lieue, selon les grandes maisons de Cognac, qui sont toujours dans une bonne dynamique. L’exportation à l’étranger semble ne pas être impactée puisque les USA continuent leur progression et que la Chine a repris de manière forte ses achats.

Au quotidien, les employeurs sont impactés par le manque de main d’oeuvre en raison des arrêts de travail de leurs salariés confinés à la maison avec leurs enfants. Pour ceux encore en activité, attention aux déplacements dans la vigne : ne pas se regrouper au pied des vignes, une personne par véhicule, tenir une bonne distance de sécurité, désinfection des mains au gel hydroalcoolique le plus souvent possible.

Une filière impactée

Comme pour les autres secteurs, le secteur agricole et agro-alimentaire est impacté par par une absence de salariés confinés ou exerçant leur droit de retrait. Les nombreuses restrictions de transports à travers le monde réduisent les possibilités d’échanges de marchandises agro-alimentaires.

Malgré le soutien du Ministre de l’Agriculture, les difficultés au sein des entreprises sont réelles et les mesures mise en place en vue de continuer les échanges entre les différents acteurs de la filière s’avèrent complexes cette première semaine, le temps que chacun prenne ses marques.

Au niveau local, les approvisionnements et les collectes de lait sont toujours d’actualité.

Les dispositions citées dans cet article sont susceptibles d’évoluer en fonction de la situation sanitaire et des futures mesures qui seront prescrites.


COVID-19, Quels impacts pour le secteur agricole ?


modifié : 23/03/2020
Publié : 23/03/2020



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