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L’injonction de payer

Qu’est-ce que c’est ?

L’injonction de payer est une procédure judiciaire, rapide et non contradictoire, devant les tribunaux d’instance ou de commerce pour le recouvrement de créances. Face à un impayé n’ayant pu se résoudre à l’amiable, elle permet au chef d’entreprise de contraindre son débiteur à payer son dû.

Pour quel type de créances ?

Cette procédure judiciaire de recouvrement concerne toute créance dont le montant est déterminé dès lors qu’elle a une cause contractuelle (achat auprès d’un commerçant, …) ou résulte d’une obligation de caractère statutaire (cotisations dues à une caisse de retrait, …).

En revanche, l’injonction de payer ne peut concerner le paiement d’un chèque bancaire sans provision qui fait l’objet d’une procédure de recouvrement spécifique. De même, cette procédure ne peut être engagée si le débiteur a été mis en redressement ou en liquidation judiciaire.

A noter : pour une dette inférieure à 4 000 € (intérêts compris), le créancier peut s’adresser à un huissier via une procédure de recouvrement de créances simplifiée. Il conviendra alors de lui payer les frais liés à cette procédure.

Où et comment faire ?

La demande est formée par requête remise ou adressée au greffe par le créancier ou par tout mandataire (avocat, huissier de justice ou tout autre mandataire muni d’un pouvoir spécial), avant la fin du délai de prescription applicable.

Le tribunal compétent dépend du type de litige et du montant de la dette (Tribunal de commerce pour une créance de nature commerciale, Tribunal d’instance pour une créance de nature civile ou mixte d’un montant inférieur à 10 000 € et Tribunal de grande instance pour une dette supérieure à 10 000 €).

La requête est gratuite (hors frais d’huissiers facultatif). Au Tribunal de commerce, le créancier doit néanmoins payer des frais de greffe de l’ordre de 35,21 € dans les 15 jours qui suivent la présentation de la requête.

Elle est accompagnée de toutes les pièces justificatives permettant d’appuyer cette demande. En cas d’indications manquantes, la demande est rejetée.

Le créancier peut demander qu'en cas d'opposition, l'affaire soit immédiatement renvoyée devant la juridiction qu'il estime compétente.

Et après ?

La procédure n’étant pas contradictoire, le juge n’est pas tenu d’entendre les arguments du débiteur. Si, au vu des documents fournis, la demande lui paraît fondée en tout ou partie, il rend une ordonnance portant injonction de payer pour la somme qu'il retient. Le greffe en adresse une copie certifiée conforme au créancier ou à son mandataire. Ce dernier dispose alors d’un délai de 6 mois pour en informer son débiteur par voie d’huissier de justice. Au-delà de ce délai, l’ordonnance est annulée.

Le débiteur dispose d’un délai d’un mois à partir de la signification pour faire opposition à l’ordonnance.

En cas d’opposition, le tribunal convoque alors les parties afin de les entendre, de tenter une conciliation et de rendre un jugement. Le jugement rendu pourra ensuite être contesté devant la cour d'appel par le créancier ou le débiteur, si le montant de la demande est supérieur à 5 000 €. Dans les autres cas, il conviendra de saisir la Cour de cassation.

En l’absence de réponse du débiteur à l’injonction de payer et à l’expiration du délai d’un mois, le créancier peut demander au greffe d’apposer la formule exécutoire sur l’ordonnance lui donnant valeur de jugement. Pour faire exécuter l’ordonnance, le créancier peut s’adresser à un huissier de justice.

En revanche, si le juge rejette la demande du créancier, sa décision est sans recours pour ce dernier, sauf à engager une procédure judiciaire classique. S’il n’en retient qu’une partie, sa décision est également sans recours pour le créancier, sauf à ne pas signifier l’ordonnancer et engager une procédure judiciaire classique.


Tags : injonction, injonction de payer



L’injonction de payer


Tags : injonction, injonction de payer

modifié : 05/03/2020
Publié : 11/03/2020



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