Nouvelles normes pour les paiements en ligne : un frein pour le e-commerce ?

Ce qu’implique la nouvelle directive

Depuis le 15 mai, tous les paiements par carte bancaire, supérieurs à 30 euros, effectués en ligne devront être sécurisés par une authentification renforcée, définie par la nouvelle directive,

L’objectif est de renforcer la sécurisation des transactions en ligne et donc de réduire la fraude en ligne, en forte hausse depuis 2019.

Le nouveau texte européen oblige donc les banques à valider les transactions avec deux facteurs de nature distincte (contre une seule auparavant).

Ces facteurs sont de différentes natures : un code, une autorisation envoyée sur un mobile ou une empreinte digitale ou le visage par exemple

Un grand nombre de banques ont déjà anticipé cette nouvelle obligation et ont déjà mis en place l’authentification forte des achats en ligne : en effet, déjà depuis quelques temps, il vous est demandé de confirmer votre achat via une notification envoyée sur votre smartphone, puis de finaliser l’opération en vous connectant à l’application mobile de votre banque. C’est ce « modèle» qui devrait être suivi par la majorité des banques.

Le développement fort du e-commerce et du click&collect

La forte croissance des achats en ligne avec la crise sanitaire n’est plus à démontrer.

De plus, sous l’impulsion du gouvernement, la numérisation des petites entreprises, le click & collect, se sont fortement développés :

Que ce soit sur leur propre site internet ou par l’adhésion à une place de marché, un grand nombre de commerçants ont trouvé dans la vente en ligne ou dans le click& collect un nouveau mode de distribution, qui reste toujours en vigueur.

La subvention de 500 euros dédiée aux dépenses numériques des très petites entreprises (TPE) est d’ailleurs prolongée et étendue à toutes les entreprises de moins de onze salariés, tout secteur d'activité confondu (CA < 2 millions d’euros), jusqu'au 30 juin 2021.

Ces entreprises pourront se faire rembourser des opérations de vente ou de promotion en ligne, la création d'un site marchand, d'une solution de paiement ou l'hébergement sur une place de marché.

De plus, l’achat de logiciels de caisse ou de gestion est également éligible au remboursement.

Les demandes sont à faire sur le site suivant : www.cheque.francenum.gouv.fr

L’inquiétude des commerçants

Les commerçants, pour ceux travaillant totalement ou pour partie en ligne, s’inquiètent d’une possible baisse de leur chiffre d’affaires.

En effet, cette crainte est liée à une complexification du processus de paiement qui peut freiner les achats sur internet car elle complique potentiellement le parcours d’achat.

De plus, il existe également un risque plus important d’échecs de paiement, dissuadant ainsi l’achat.

Ces nouvelles normes nécessitent que toute la chaîne de paiement soit opérationnelle et à jour : l’acheteur (qui doit posséder un smartphone ou une solution alternative) ,sa banque, la banque site marchand voire le prestataire de paiement, ce qui multiplie forcement le risque d’échec d’authentification.

Face à ces inquiétudes et pour ne pas trop perturber le processus d’achat des clients, la DSP2 a prévu des exceptions à cette obligation d’identification forte:certaines transactions ne seront donc pas soumis à l’authentification forte :

  • Achats de moins de 30 euros
  • Achats effectués avec une carte professionnelle
  • Achats auprès de commerçants connaissant un faible niveau de fraude
  • Sur un site que l’utilisateur a inscrit sur sa liste des sites dignes de confiance

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