Flash février 2011


Vous avez dit projet ?

Une réalisation a toujours pour origine une envie, une idée, un projet...

Se diversifier ! Oui, mais quoi faire ?

Créer et faire vivre son entreprise, c'est réaliser un projet, se fixer des objectifs. Une fois ces derniers atteints, de nouveaux peuvent naturellement se créer et ainsi relancer si besoin la motivation du chef d'entreprise. Pour certains, il est difficile de se projeter à nouveau parce qu'ils considèrent avoir atteint un optimum, avoir fait le tour de ce qu'ils pouvaient faire. Pour d'autres, la rentabilité n'est pas suffisante pour diverses raisons (potentiel limité, environnement contraignant), et il faut trouver d'autres sources de revenus...

Pour d'autres encore, l'opportunité de se diversifier se présente et il s'agit alors de choisir : se lancer ou pas.

Dès l'instant où l'entrepreneur a l'idée, nous sommes déjà dans une phase « technique » : évaluer le projet, mesurer la rentabilité du projet, financer le projet. A ce niveau, chacun peut disposer d'outils, de conseils spécialisés et entreprendre.

Mais quoi faire ?

Trouver l'idée, l'activité qui plaira, qui conviendra... Pour certains c'est évident ; l'idée a surgi, a mûri et « il ne reste plus » qu'à la mettre en oeuvre.

Pour d'autres, trouver l'idée c'est comme l'angoisse de l'écrivain devant la page blanche... Il n'est pas rare aujourd'hui que certains adhérents souhaitent être orientés, accompagnés dans la phase de recherche d'idées. Ils demandent de l'aide pour trouver ce qu'ils pourraient créer, développer en marge ou sur l'exploitation.

Le moteur du projet doit être l'entrepreneur lui-même. Pour réussir, il doit croire en son idée, la développer et pour cela, elle doit naître de sa propre réflexion et ne peut pas être un simple copier-coller. Le projet doit s'adapter à l'environnement économique, à la situation financière, au contexte familial, à la personnalité du porteur du projet.

Nous développons dans ce qui suit, les attitudes dont il faut disposer pour se mettre en dynamique de projet.

Pour mener à bien votre réflexion, il est impératif de prendre du temps et du recul pour explorer toutes les pistes potentielles, en adéquation avec vos envies, vos goûts, vos capacités et celles de votre entreprise.

Nous avons détecté 5 thèmes majeurs à analyser :

1 – Le temps de travail

Le rythme de travail actuel est-il en concordance avec le souhait de l'agriculteur ? du conjoint ? Le temps disponible pour la famille, les amis, les loisirs, est-il suffisant ?

Un agriculteur par exemple qui a un temps de travail déjà « chargé » devra axer ses recherches sur une activité peu consommatrice de main-d'oeuvre, ou être conscient que cette dernière ne pourra se faire sans avoir recours à de la main-d'oeuvre extérieure (famille, salariés, tiers...). Il est nécessaire que l'adhérent prenne conscience de la situation actuelle pour envisager son avenir.

2 – La situation financière

Avant de lancer un projet, l'adhérent doit analyser la rentabilité actuelle et examiner si elle est suffisante pour faire face aux besoins familiaux et aux engagements de l'entreprise. Quelle est la solvabilité de son entreprise actuelle ?

Cet « état de lieux » permet de savoir si des ressources sont monopolisables pour financer un nouveau projet (investissements et fonds de roulement). Est-ce que l'entreprise a les moyens de s'endetter pour se diversifier ? Doit-elle limiter l'investissement au strict minimum ? Le besoin de rentabilité, est-il impératif à très court terme ou peut-on se permettre d'avoir une phase de montée en puissance progressive avant d'atteindre le rythme de croisière ?

Par exemple : l'agriculteur signe un contrat avec la commune pour l'entretien des bords de route. La mission est cadrée dans son volume horaire et sa rémunération. Il n'y a pas de phase de croissance : le rythme de croisière est atteint dès la 1ère année. A contrario : un agriculteur achète une épareuse et propose ses services localement. Le chiffre d'affaires est à développer et progressera dans le temps. La maîtrise du temps et des obligations financières sera différente.

Attention également à l'évolution des besoins financiers familiaux. Il est important de connaître l'activité du conjoint, l'âge des enfants pour savoir si les prélèvements privés peuvent évoluer et dans quel sens ?

3 – Les compétences et les expériences (goûts & aspirations)

La formation initiale et les expériences professionnelles peuvent apporter une compétence particulière, une légitimité à exercer telle ou telle activité. Tout comme les activités extra-professionnelles, les loisirs culturels, sportifs... peuvent constituer des facteurs favorables pour une diversification liée à ces expériences. Il est intéressant aussi d'ouvrir cette analyse à l'entourage, si le projet choisi l'impacte.

Par exemple : un agriculteur passionné d'astronomie a pu créer un gîte rural « spécialisé » où les passionnés se retrouvent pour partager leur loisir.

A contrario, l'analyse peut déboucher sur le fait que l'adhérent ne souhaite pas s'investir dans une activité différente, mais a la volonté de rester sur une activité purement agricole...

4 – L'outil de production et son environnement

Le corps de ferme, l'équipement de l'entreprise actuelle peuvent constituer des facteurs limitants ou bien, au contraire être très favorables au développement d'une nouvelle activité.

De même, la proximité d'un bassin de consommation, la position de l'exploitation par rapport à son environnement (éloignement, site touristique, axes de circulation...) peuvent être favorables à la mise en place d'un magasin à la ferme, d'une table d'hôtes, ou pas du tout. Il faudra alors axer la réflexion sur d'autres types de diversification.

Le diagnostic peut ainsi être révélateur et faire naître des idées.

5 – La personnalité

L'acteur essentiel doit prendre conscience de ce qu'il a envie, de ce qu'il est prêt à faire. Se sent-il capable de mener plusieurs activités de front ? Est-il quelqu'un d'organisé ou pas ? Est-il capable de gérer du personnel ? Est-il commerçant ?

Par exemple : il est évident que même si tous les facteurs précédents étaient favorables à la création d'une activité de commerce, à partir du moment où l'acteur principal manque de qualités relationnelles, « refuse » l'intrusion de tiers dans sa « bulle », ce style de diversification ne lui conviendra pas. Mais... qui sait si cela ne peut pas intéresser le conjoint, les enfants, un salarié... ?

En conclusion : se mettre en situation :

  • imaginer son armoire virtuelle... constituée de 5 étagères (temps de travail, situation financière, compétences et expériences, outil de production, personnalité)
  • prendre le temps de faire l'inventaire de chaque étagère, trier le positif et le négatif, les atouts et les contraintes...

Cultivons nos talents... et de nos idées germeront des projets...

« J'ai plein de projets dans la tête. J'aimerais vous faire partager mon projet. J'ai un projet pour vous. Mon projet de vie, c'est... » : qui n'a pas dit ce genre de phrase ? qui ne l'a pas entendu ? qui n'a pas été lassé de l'entendre ?

De fait, la société moderne est devenue une société à « projets ». Ils concernent tous les secteurs socio-économiques, les institutions, l'économie, et s'adressent autant à l'homme et la femme dans leur vie professionnelle que dans leur vie privée.

Le projet fait partie de notre condition humaine. C'est une sorte de trajectoire, répondant à un besoin ou une idée exprimée qui n'est pas reproductible à l'identique, et qui nécessite le concours en plus ou moins grand nombre d'acteurs et/ou de contributions. Et comme il est avant tout d'ordre humain, il est unique. Et on aurait tort de ne le limiter que dans sa seule dimension économique, financière « que l'on peut mesurer».

Un projet pourrait relever de plusieurs approches distinctes, mais cumulatives les unes aux autres :

  • les besoins vitaux minimum (ce qui rend viable)
  • la sécurité
  • la socialisation
  • l'estime
  • le vital (c'est-à-dire l'accomplissement de l' « être » avec Ses Valeurs)

Le mot « projet » dans ses racines latines signifie « jeter quelque chose vers l'avant » avec le préfixe « pro » qui introduit une notion « qui précède dans le temps ».

Pour le dire de manière plus simple, laissons Jules Renard en parler : « Le projet est le brouillon de l'avenir. Parfois, il faut à l'avenir des centaines de brouillons ».

Les talents...

Nous avons tous au fond de nous des talents exprimés ou non, mais dans lesquels et avec lesquels nous pouvons exceller, dans le sens porteur d'excellence. Les talents dont nous parlons ici, sont surtout ceux qui nous tiennent à coeur et qui peuvent nous redonner un souffle. A nous de les découvrir, de les explorer et de les exploiter. Notre entourage, c'est-à-dire notre conjoint, notre famille, nos collègues, nos amis, nos conseillers peuvent nous aider dans cet exercice, dans la mesure où ils peuvent porter un regard positif sur nous et une écoute attentive.

Cultivons...

Action bien connue des agriculteurs, derrière laquelle il y a de l'action, de l'implication personnelle, de la dynamique et une évolution progressive...

De nos idées...

Ces projets prennent naissance parfois de manière intuitive, simple. Et souvent quand on en parle après réalisation, cela paraît évident, clair, comme si « c'était inscrit », un peu comme un film que l'on passerait à l'envers, où tout est facile et déterminé.

Ces projets ont pour origine une idée, une rencontre, une observation... mais surtout une envie.

Germeront des projets...

Il y a là une notion de fécondité, de maturation qui nécessite du temps, de l'observation, beaucoup de soins, d'actions et de réflexions.

Un projet crée une dynamique

D'une idée, d'une observation naîtra une idée qui, transformée en projet, nécessitera une réflexion, un plan d'actions, une action, certainement des réajustements et des bilans successifs. C'est une sorte de cycle qui n'est en rien figé, mais qui est en continuel mouvement.

Entreprendre, c'est espérer !

L'être humain est porteur d'avenir. Même si le passé conditionne notre « présent », nous sommes par nature confrontés à notre avenir dans le sens A – Venir.

Et cela peut faire peur. Tout s'accélère, tout change et à l'heure du « tout et tout de suite », du « jetable » tant pour le matériel que le spirituel, de la mondialisation, de l'internet... certains sont tentés de se replier sur soi, de résister au changement en pensant que finalement hier c'était mieux ! Sauf que dans ce cas, on oublie qu'hier, c'était le futur (ou l'avenir) d'avant-hier !

Guy Bedos a bien résumé cet état d'esprit par le titre de son livre : « Arrêtez le monde, je veux descendre ! ».

Notre passé, notre histoire collective et personnelle, nos valeurs très fortes et perceptibles dans notre monde agricole, doivent justement nous servir de socle pour Entreprendre. L'homme peut trouver du bonheur à entreprendre, et finalement, entreprendre c'est s'adapter.

Quels sont les ingrédients pour construire un projet ?

- C'est avant tout un état d'esprit. Plus de la moitié de la réussite passe par notre volonté. Il faut accepter les changements, transformer les contraintes en atouts et les difficultés en opportunités. Au Canada, on ne prend pas un risque : on prend « une chance » !

- Il ne faut pas partir vaincu d'avance en disant : « c'est trop dur, je n'y arriverai pas ». Il faut savoir discerner au plus profond de soi ses talents comme évoqué précédemment, ou plus facilement dresser la liste de ce qui ne nous plaît pas. Par exemple : si vous n'aimez pas avoir du monde dans votre cour de ferme et encore moins du monde chez vous, n'envisagez pas de créer des chambres d'hôtes, ou bien faites des efforts !

- Il faut savoir stimuler sa créativité. En sortant de son cadre habituel et de ses habitudes, ne pas s'autocensurer et tout imaginer, en faisant le tri après, bien entendu. Ne pas rester statique en imaginant qu'en ne faisant rien, le projet arrivera tout seul. Au contraire, il faut observer, aller à la rencontre, rechercher, alimenter sa réflexion et son imagination. Avoir du temps disponible.

- Ne pas attendre d'être dans une situation économique et intellectuelle tendue et fragile, car cela sera peut-être trop tard. C'est quand tout va bien que l'on devrait se préoccuper de l'avenir et de le préparer. A contrario, c'est parfois quand on est en présence d'énormes difficultés que l'on se « réalise » et que finalement le confort anesthésie l'envie et l'audace d'entreprendre. A chacun de trouver son point d'équilibre. Dans le cadre d'une relation conseil, un exploitant nous a dit : « je ne suis pas assez au fond du trou pour avoir envie de rebondir ». Attention à la profondeur du trou et à la capacité à rebondir !

Si les conditions générales tant économiques, financières, qu'humaines sont favorables, il faut justement profiter de ses points forts pour s'engager dans une réflexion et dans l'action.

Expérimenter : c'est un point important, car quand on expérimente, on observe, on cherche, on applique, on rectifie... Erreurs et hésitations font partie du cycle de la finalisation d'un projet.

Travailler, réfléchir..., en réseau et avec d'autres. Car cela crée des liens, permet des regards croisés, des stimulations et engendre une addition de compétences et de talents. Et c'est d'autant plus important quel que soit le projet en question : il n'aura d'existence et de viabilité qu'avec les autres. En effet, le projet a toujours vocation à s'adresser aux « autres » et ne pas rester personnel, même une oeuvre artistique ! Et si on vit en couple, il faut faire partager ce projet à son conjoint.

En conclusion :

Les projets dont nous parlons, ceux qui impactent de manière importante la trajectoire de la vie des hommes et des femmes, procèdent de leur singularité, de leurs histoires, de leurs talents et de leurs envies. Ces histoires humaines prennent leurs racines dans le propre passé de chacun et contribuent à écrire son A-Venir, son devenir.

Et « devenir » peut aussi s'écrire De-Venir. Qui est tout à la fois « Venir De » (notion de passé, d'histoire, d'origine), pour « De Venir » (construire pour demain son A-Venir).

Le projet permet finalement aux hommes et aux femmes d'exister dans leur dimension humaine.

Parlez nous de vos projets ; vous accompagner pour les réaliser, c'est notre métier.

 

 

Herve Molenat - Vous n'avez pas le droit de voir cet objet.

 

Damien Sibille - Vous n'avez pas le droit de voir cet objet.

Emilie Lavanceau - Vous n'avez pas le droit de voir cet objet.

Fontcouverte



Mots clés :

accompagnement, conseils, diversification, études, projet

Dates

Modifié : 03/02/2011
Publié : 17/03/2011


Flash février 2011

Mots clés

accompagnement, conseils, diversification, études, projet

Dates

Modifié : 03/02/2011
Publié : 17/03/2011

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