Flash juillet 2009

1 – Aides aux investissements vinicoles, aides à la plantation

2 – Lait : un contexte tendu


A ce jour, nous disposons :
- de la circulaire d’application pour les aides aux investissements des installations de vinification,
- de l’arrêté du 3 juin 2009 relatif aux modalités d’octroi de l’aide à la restructuration et à la reconversion du vignoble pour la campagne 2008-2009, publié au Journal Officiel de la République Française du 18 juin 2009.

1 – Aides aux investissements vinocoles, Aides à la plantation

1 – Aides aux investissements vinicoles

Il s’agit des investissements matériels et immatériels pour la production ou la commercialisation des vins, et pour l’élaboration de nouveaux produits (processus technologique).
Les dépenses éligibles sont les suivantes :
- construction, acquisition et rénovation de biens immeubles
- achat de matériels et d’équipements neufs (y compris logiciels)
- frais généraux liés aux actions ci-dessus
- coûts liés à l’élaboration des processus technologiques de nouveaux produits.
Attention : les dépenses de renouvellement à l’identique et d’autoconstruction (matériaux + main d’œuvre) sont exclues des dépenses admissibles.
a) Les demandeurs
Toute entreprise exerçant une activité économique dans le secteur des vins, réalisant un chiffre d’affaires inférieur à 200 millions d’euros et ayant moins de 750 salariés, et à jour de ses obligations fiscales, sociales et environnementales.
b) Le taux de l’aide
Les taux de participation communautaires sont fixés à :
=> 40 % pour les PME de moins de 50 millions de C/A et de moins de 250 salariés, ou dont le total du bilan est inférieur à 43 millions d’euros
=> 20 % pour les entreprises de taille intermédiaire dont le C/A est inférieur à 200 millions d’euros et qui emploient moins de 750 salariés.
Attention : ces taux sont les taux maximum de financement. Dans le cas où des collectivités territoriales contribueraient au financement, le financement européen viendrait en complément dans la limite du taux de soutien.
Le seuil de dépenses minimum éligibles est de 8 000 €.

Modalités de paiement :
- une avance de 20 % du montant de l’aide peut être octroyée sous réserve d’une garantie bancaire de 110 % du montant de l’avance
- le versement total de l’aide ou du solde sera réalisé après réalisation complète des investissements prévus et un contrôle sur place des réalisations.
c) Constitution et instruction du dossier de demande
Les dossiers devront être transmis en double exemplaire à la délégation de France : Agri Mer 6 Parvis des Chartrons 33075 Bordeaux cedex.
Pour bénéficier d’un accusé de réception, le dossier devra être au minimum constitué :
- du formulaire de demande signé avec les engagements du demandeur signés
- de la description du projet stratégique d’entreprise
- de la liste détaillée des dépenses prévisionnelles.

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REMARQUE !...
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REMARQUE !...

Aucune demande de soutien et aucun financement ne seront octroyés s’il y a eu un premier acte juridique (devis signé, bon de commande…) antérieur à la date de l’accusé de réception. Si l’accusé de réception permet de démarrer les travaux, en aucun cas il ne vaut accord de financement.

2 – Aides à la plantation

Il conviendra préalablement que l’exploitant ait réalisé :
- soit une demande de plantation anticipée l’an passé
- soit avant le 15 juillet 2009, une déclaration d’intention d’arrachage en vue d’une restructuration.
L’exploitant devra prouver le respect des conditions d’éligibilité portées aux annexes de l’arrêté du 3 juin 2009.
Un dossier de demande devra être déposé avant le 31 juillet 2009 auprès de France Agri Mer 6 Parvis des Chartrons 33075 Bordeaux cedex.
Nous restons à votre disposition pour tous renseignements complémentaires au 05 46 93 86 00.
Stéphane PETINON
Conseiller d’entreprise

2 – Lait : un contexte tendu

1 - Le 3 juin, un accord sous l'égide du ministère de l'agriculture

Le 3 juin 2009, les 3 présidents de l'Inter-profession laitière (producteurs, coopératives et industriels privés) ont signé un protocole d'accord comprenant 3 points :
- une fourchette de prix moyen du lait pour l'année 2009
- une élaboration des indices de tendances des marchés diffusés par le Cniel (inter-profession laitière)
- un cadre inter-professionnel pour la contractualisation

a) Prix moyen du lait pour 2009 : entre 262 et 280 €/1000 L
Sur proposition des médiateurs, la Fédération nationale des producteurs de lait (FNPL), la Fédération nationale des coopératives laitières (FNCL) et la Fédération nationale des industries laitières (FNIL), ont accepté l’établissement de 3 formules d’indicateurs F1, F2, F3 prenant en compte l’importance relative des produits industriels (PI), des fromages à l’export (GEE) et des produits de grande consommation (PGC) dans le mix produit des entreprises laitières :
- F1 = 20 % PI + 20 % GEE + 60 % PGC
- F2 = 30 % PI + 20 % GEE + 50 % PGC
- F3 = 40 % PI + 20 % GEE + 40 % PGC
PI : indice de variation de la cotation des produits industriels
GEE : indice de variation de la cotation Gouda Edam Emmental
PGC : indice de variation des prix des produits de grande consommation, par convention égal à zéro.
Selon le mix-produit des entreprises, c'est à dire en fonction des débouchés de l'entreprise, le prix moyen du lait en 2009, pourra être différent de 18 €/1000 litres.
Le prix moyen du lait sur 2009 devra se situer à l'intérieur des 3 niveaux suivants :
1) 262 €/1000 litres pour les entreprises produisant 40 % de produits industriels (PI)
2) 272 €/1000 litres pour les entreprises réalisant 30 % de PI
3) dans le cas le plus favorable, 280 €/1000 litres pour les entreprises produisant 20 % de PI.
Cet accord est conclu avec une possibilité de réexamination en septembre prochain selon l'évolution du marché des PI.
Rappelons que cet accord traite d'un prix moyen du lait sur l'année civile 2009. Il ne prétend en rien du prix du lait au cours des mois prochains. On peut d'ores et déjà annoncer que pour les prochains mois (juin, juillet et août) les prix seront parmi les plus bas de l'année.

b) Publication trimestriellement à partir de 2010 par le Cniel des indices de tendances des marchés
A partir de 2010, le Cniel publiera trimestriellement des indices de tendances des marchés. Ces publications serviront de base pour fixer les tendances du prix du lait.

c) Relations contractuelles entre les producteurs et les transformateurs
Cet accord prévoit un engagement des trois familles (producteurs, coopératives et industriels privés) à négocier un accord inter-professionnel d'ici la fin 2009 pour définir les futures relations contractuelles entre producteurs et transformateurs.
Cet accord devra comporter notamment : la définition des prix, les engagements sur les volumes et les calendriers de livraison, les modalités de règlement, les modalités de re-négociation des contrats et les modalités de résiliations des contrats.
Quelques pistes de contrats commencent à être ébruitées, notamment, des contrats basés sur un volume A représentant un pourcentage du quota historique du producteur qui serait payé à un prix « relativement stable » et un volume B dit volume « optionnel » qui serait connecté au marché des produits industriels ou au cours du marché mondial.
Ce système de contrat existe déjà dans une version plus complexe dans l'AOC Roquefort.

2 - Contexte mondial, européen et national des marchés laitiers

a) Une demande sur le marché mondial faible ; la crise mais pas seulement ...
Malgré la chute des cours mondiaux, la crise financière fait que la demande ne repart pas. La chute des prix du pétrole restreint les capacités d'achat des gros pays traditionnellement importateurs de produits laitiers (Moyen-Orient, Russie, Mexique, Océanie).
A cela, il faut rajouter la perte de confiance sur le marché asiatique suite à la contamination de lait en Chine avec de la mélanine. La consommation de produit laitier en Asie a baissé de 30 %, alors qu'au cours des dernières années elle participait activement au développement des marchés laitiers.
De plus, la production mondiale a enregistré en 2008 une hausse de 2,1%. Alors que depuis quelques années la consommation mondiale était supérieure ou égale à la production, le marché s'inverse avec la constitution de stocks. La surproduction en 2008 a été estimée à 3,6 milliards de litres soit 0,5 % de la production laitière mondiale.
L'apparition de ces stocks pèse sur les marchés mondiaux. Actuellement, les stocks mondiaux représenteraient l'équivalent de 9 à 10 % du marché mondial.
Les cours du beurre, de la poudre de lait écrémé, de la caséine, du lactosérum se sont écroulés. Le beurre est passé de 4 150 €/t en octobre 2007 à 2 150 €/t en mai 2009.

b) Augmentation de la collecte laitière Européenne et Française mais sans atteindre les quotas
Augmentation des quotas, euphorie sur le prix du lait, allocations provisoires fortes ont payé. Sur l'année civile 2008, la collecte de l'Union Européenne à 27 a progressé de 1% soit 1,07 milliards de litres, pour atteindre 131 milliards de litres soit 134,9 millions de tonnes.
Sur l'année civile 2008, la collecte nationale a progressé de 3,5 % pour arriver à 23,1 milliards de litres.
Pourtant, l'UE à 27 devrait (estimation) terminer la campagne quota 2008/09 avec une sous-réalisation record estimée à 5 milliards de litres soit 4 % du quota européen. Ce sera la cinquième campagne laitière consécutive avec une sous-réalisation du quota.

3 - Focus sur la situation des exploitations laitières picto-charentaise

a) 2008 euphorique
Après 6 années consécutives de baisse du prix du lait, les années 2007 et 2008 ont connu des hausses de 7,5 et 16,3 %. Le prix de base du lait moyen pour l'année 2008 a été de 336 €/1000 litres contre 289 €/1000 litres en 2007.

b) Mises aux normes, agrandissement, forte disponibilité de quota, mise en place de robot de traite, accroissement des annuités
Forte de ce prix du lait comme dans le reste de la France, la production a augmenté, mais les investissements aussi.
La plupart des élevages de Charente et de Charente-Maritime sont en pleine période de mise aux normes. Les annuités d'emprunt consécutives à ces investissements commencent à arriver, alors que la tendance était vers un désendettement des exploitations laitières. Les résultats des adhérents du CGO en témoignent.

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Les mises aux normes ont également été accompagnées d'un accroissement parfois spectaculaire des quotas. Le litrage moyen produit par exploitation en Charentes-Poitou est de 375 000 litres. Pour comparaison, la moyenne nationale est de 280 000 litres. Cette hausse a conduit les exploitants à des investissements comme les robots de traite. D'après l'Agriculteur Charentais du 9 janvier 2009, 20 robots seraient déjà en service en Charente Maritime.
Tout cela « pèse » sur les exploitations et les fragilise. Le remboursement des annuités représente entre 57 et 91 €/1000 litres.

c) Des systèmes gourmands en charges
L'augmentation des volumes de production a conduit les éleveurs à produire plus, sans forcément observer et analyser la marge par unité de production.

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Le poste « aliment du bétail » chez les adhérents du CGO représentait en 2005 71,2 €/1000 litres. En 2007, il représentait 87,5 €/1000 litres. Pendant le même temps, le prix du lait est passé de 289 à 310 €/1000 litres.

d) Synthèse
Ces investissements et niveaux de charges sont supportables avec un prix du lait correct.
Actuellement, avec la chute du prix du lait, les trésoreries souffrent et le nombre d'exploitation en difficulté s'accroît.

4 - Des pistes pour passer le cap : alimentation, réforme, planning de trésorerie, négociation bancaire ...

a) Économie de charges
La maîtrise des postes de charges devra être l'objectif de cette fin d'année 2009. Mais attention à ne pas faire de fausses économies. La première action consiste à avoir la production autonome par vache la plus élevée possible. Ceci ne passe pas forcément par une production laitière par vache plus importante, mais plutôt par le choix de la ration de base, sa qualité et son importance. Apporter le maximum de fourrage de qualité dans la ration est déjà la première économie ; cela se vérifie parfaitement en comparant les résultats moyens des adhérents du CGO et les résultats des réseaux d'élevages :

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La deuxième action consiste à utiliser lorsque cela est possible les aliments concentrés produits sur l'exploitation. Leur coût est réduit au prix de revient. Il sera difficile de trouver moins cher. Sinon, s'orienter en priorité vers des aliments simples (maïs laminé …) ; leur coût à la tonne plus faible sollicitera moins la trésorerie.
La troisième action consiste à mieux définir le niveau d'équilibre de la ration. Rien ne sert d'équilibrer une ration à 30 litres si les vaches font 28 litres par jour.
La quatrième action consiste à surveiller régulièrement le coût journalier de la ration et à le remettre en cause régulièrement. Avec les fluctuations sur les cours des matières premières, ce qui est vrai aujourd'hui ne le sera pas forcément demain.
La cinquième action consiste à reproduire le même schéma sur l'élevage des génisses.

b) Recherche de produits
Le prix du lait baisse, mais il ne faut pas y ajouter des problèmes de qualité. Éviter ou minimiser les pénalités surtout en période de prix bas est primordial.
Pourquoi ne pas profiter de la future disponibilité de vaches laitières en production et de génisses prêtes à vêler, pour remplacer les vaches à cellules ou à problèmes de reproduction ?
Cela permet d'allier 3 choses :
1 - le coût de la vache ou génisse de remplacement peut être diminué par la vente d'une vache de réforme qui plus est a des problèmes de cellules ou est vide. Cette réforme pourra également bénéficier de la PAB (29,76 € après modulation)
2 - avoir un troupeau de laitières productives : peu ou plus de vaches vides, moins de problème de qualité
3 - faire des économies : la place libérée par une vache vide et avec des cellules va vous permettre d'économiser du fourrage.

c) Gestion de la trésorerie
En ces périodes de « vache maigre », il est indispensable de gérer sa trésorerie. (Cf. article suivant)

d) Gestion des investissements
Les politiques d'investissement doivent prendre en compte l'évolution du prix du lait et sa volatilité.
Si vous financez par emprunt, il faut rester vigilant au montant supplémentaire des annuités qui seront à payer. L'ajout de cette nouvelle annuité, pourra t-il être supporté par l'entreprise même avec un prix du lait bas (270 €/1000 litres en moyenne sur l'année) ?
Si vous autofinancez, conservez suffisamment de trésorerie pour faire face aux achats des matières premières et aux aléas.

Pour plus d'informations, le Service Gestion du CGO reste à votre entière disposition. N’hésitez pas à nous appeler au : 05 46 93 86 00.

Hervé MOLENAT
Conseiller d’entreprise



Mots clés :

aides aux investissements vinicoles, aides à la plantation, élevage laitier

Dates

Modifié : 30/07/2009
Publié : 30/07/2009


Flash juillet 2009

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Dates

Modifié : 30/07/2009
Publié : 30/07/2009

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