Flash septembre 2010

investissements immobiliers, SCI, GFA, photovoltaïque

07/09/2010

Auteur(s)

  • Armelle Bénard
  • Matthieu Guiho

Flash septembre 2010



Investissement immobilier et gestion

Dans le contexte économique actuel, l'entreprise agricole peine souvent à trouver les équilibres nécessaires à sa rentabilité...

...Il n'en reste pas moins qu'elle est souvent, plus que les entreprises d'autres secteurs économiques, dépositaire d'un patrimoine non négligeable. Patrimoine, qu'il faut gérer.

1 - SCI et GFA : comment choisir ?

Vous êtes de plus en plus nombreux à nous interroger sur ce sujet. Au centre de ces interrogations, ressortent souvent des préoccupations identiques : « je souhaite investir dans un bien immobilier ; dois-je constituer une SCI ou un GFA, compte tenu de ma situation personnelle ? »

Dans de nombreuses circonstances, la constitution d'une société paraît être une solution avantageuse pour gérer un patrimoine immobilier et le transmettre dans les meilleures conditions juridiques et fiscales.

1 – Des éléments en commun

- Des sociétés civiles à vocation immobilière : la SCI et le GFA sont des sociétés civiles à vocation immobilière, c'est-à-dire que leur but est de gérer un bien immobilier, quelle que soit sa nature, dans le cas d'une SCI (une maison d'habitation ou une exploitation agricole par exemple), obligatoirement de nature agricole dans le cas d'un GFA (terres, vignes, bâtiments agricoles). La SCI et le GFA permettent d'abord de séparer le patrimoine immobilier personnel de celui de l'entreprise. Ils mettent les biens de la société à l'abri des poursuites des créanciers de l'un ou l'autre des associés, puisque seules les parts sociales de l'associé défaillant peuvent être saisies (et non les immeubles sociaux). La SCI et le GFA facilitent également la transmission d'un bien. En effet, ces sociétés permettent de transmettre progressivement un patrimoine immobilier dont on est déjà propriétaire, ou que l'on envisage d'acquérir postérieurement.

- Une création simple : la création d'une SCI ou d'un GFA est simple. Comme pour toute société, il faut au moins 2 associés avec ou sans lien de parenté. Toute société immobilière doit avoir un nom, un siège social et réunir les apports nécessaires à la constitution de son capital social (pas de minimum légal). Chaque associé est tenu de faire un apport (somme d'argent ou bien immobilier), dont la valeur n'est pas obligatoirement égale et il reçoit en retour de cet apport des parts sociales. Les statuts sont établis par écrit, sous seing privé (entre les associés) ou par acte notarié (si apport d'immeubles), et enregistrés dans le mois de leur signature au service des impôts des entreprises. La loi prévoit aussi l'insertion d'un avis de constitution dans un journal d'annonces légales. Enfin, un dossier d'immatriculation doit être déposé au greffe du tribunal de commerce du siège social.

- La cession des parts sociales : un associé peut vendre ou donner ses parts sociales, mais seule la société peut réaliser la cession d'un immeuble. Un acte écrit est nécessaire. Les parts sociales ne peuvent être cédées qu'avec l'agrément de tous les associés sauf disposition contraire dans les statuts. En revanche, toujours sauf disposition contraire, aucun agrément n'est exigé si la cession intervient en faveur d'un ascendant ou descendant. En cas de refus d'agrément, les statuts prévoient souvent que les associés doivent substituer à l'acquéreur proposé un autre acquéreur choisi par eux, ou racheter les parts de l'associé cédant.

- Une solution face aux risques de l'indivision : une SCI ou un GFA constitue une excellente alternative à l'indivision puisque les associés ne sont pas sous la menace permanente d'une action en partage et les décisions relèvent de la majorité simple ou renforcée et non de l'unanimité, selon la rédaction des statuts. Rappelons que la gestion de l'indivision (possession d'un même bien par plusieurs personnes) n'est pas toujours simple En effet, tous les actes importants doivent être décidés à l'unanimité, d'où un risque de blocage en cas de conflit entre les indivisaires. Par ailleurs, chaque indivisaire peut demander à tout moment le partage et provoquer la vente de l'immeuble.

- Un même régime fiscal pour la SCI et le GFA : si le GFA donne en location l'exploitation lui appartenant, les bénéfices sont déterminés selon les règles des revenus fonciers au niveau de la société et sont imposés au nom de chacun des associés en proportion de leur quote-part dans le résultat de la société. La SCI et le GFA ne sont soumis à l'impôt sur les bénéfices réalisés, qu'en cas d'option pour l'impôt sur les sociétés.

- Donation de parts sociales : avantageuse fiscalement ; on peut réaliser une transmission à titre gratuit des parts sociales. C'est fiscalement plus avantageux que de donner un immeuble car les droits de donation sont perçus sur la valeur nette des parts sociales (valeur de l'immeuble moins les dettes), alors qu'un bien immobilier est donné à sa valeur brute. Cette différence d'appréciation permet de diminuer les droits à payer.

- A SAVOIR -

La constitution d'une SCI ou d'un GFA a un coût et présente également des contraintes juridiques et fiscales comme toute société.

  • Obligations fiscales : elles diffèrent selon le régime d'imposition de la société. Le cas le plus courant est celui où la société est assujettie à l'impôt sur le revenu. Le gérant doit alors déposer avant le 1er mars de chaque année, une déclaration fiscale n°2072 relative aux résultats de l'année civile écoulée. Les revenus perçus sont imposables dans la catégorie des revenus fonciers.
  • Obligations juridiques : toute société civile doit tenir un registre d'assemblées, coté et paraphé par le maire ou le greffe du tribunal de commerce. Sur ce registre figurent toutes les décisions collectives ordinaires ou extraordinaires. Il est important de respecter le formalisme juridique, car en l'absence de « vie sociale » la société civile peut être remise en cause au motif de son caractère fictif.
  • Obligations comptables : pour un GFA ou une SCI la tenue d'une comptabilité n'est pas imposée, mais s'avère indispensable compte tenu des obligations légales pesant sur le gérant. En effet, il doit au moins 1 fois par an rendre compte de sa gestion aux associés et établir un rapport sur l'activité de la société, mentionnant les bénéfices ou les pertes constatés et prévisibles, l'état des comptes courant associés.

2 – Des différences liées aux particularités du GFA

Transmettre son exploitation agricole dans les meilleures conditions reste une des principales préoccupations de l'agriculteur. Pour le foncier, la constitution d'un GFA, société civile particulière, peut permettre d'éviter le démantèlement de l'exploitation et faciliter la reprise par un descendant. Le GFA est une société civile particulière, dont l'objet est plus restrictif que la SCI, puisqu'il concerne seulement les biens immobiliers à vocation agricole.

Lorsque les biens fonciers sont la propriété de l'exploitant, leur transmission par donation ou succession, peut être difficile notamment lorsqu'ils représentent en valeur la majeure partie du patrimoine et que l'un des descendants de l'exploitant souhaite poursuivre l'exploitation familiale.

- Un GFA permet de sécuriser le repreneur : le GFA évite le morcellement du foncier dans le cas d'indivision successorale, puisque ce sont alors des parts sociales qui tombent en indivision, le GFA restant propriétaire du foncier et le fermier étant protégé par son bail. La mise en place d'un bail à long terme entre le GFA propriétaire des biens et le descendant exploitant permet à celui-ci d'avoir la garantie d'exploiter pendant toute la durée du bail. Les autres héritiers se voyant attribuer des parts du GFA, et non des immeubles ruraux, l'acquisition de ces parts par l'associé exploitant auprès des autres héritiers pourra être étalée dans le temps, avec le bénéfice d'un régime de faveur (droit fixe de 125 euro pour le GFA contre un droit proportionnel de 5 % pour la SCI). Toutefois, il convient de signaler que le patrimoine des autres héritiers sera alors rendu quasiment indisponible. En effet, en séparant juridiquement le capital foncier du capital d'exploitation, le cédant peut réserver le capital d'exploitation à l'enfant qui reprend la ferme, et des parts de GFA aux autres héritiers. Ce choix doit être expliqué aux autres héritiers afin que ceux-ci ne se sentent pas lésés par une attribution de biens très difficiles à revendre et qui rapporte peu.

Pour tempérer cet inconvénient en cas de donation, le lot des enfants non titulaires du bail pourra comporter par préférence des biens autres que les parts de GFA (terres non apportées au GFA, ou autres immeubles).

- Droits de mutation à titre gratuit réduits : les transmissions à titre gratuit de parts de GFA bénéficient d'une exonération partielle des droits de mutation. En effet, les parts transmises ne sont taxées qu'à hauteur de 25 % jusqu'à une valeur de 100 393 euro et pour moitié au delà, et ce, pour chaque donateur, sur la part de chaque héritier ou donataire. Le bénéfice de ce régime est soumis à certaines conditions :

  • il doit s'agir obligatoirement d'un GFA non exploitant (c'est-à-dire qui loue ses terres)
  • tous les biens agricoles en propriété du GFA doivent être loués par bail à long terme
  • les parts doivent avoir été détenues par le donateur ou défunt depuis 2 ans au moins
  • lorsque la donation des parts est consentie au preneur (ou à ses proches parents), le bail à long terme doit avoir été conclu à son profit depuis plus de 2 ans
  • le bénéficiaire de la donation ou de la succession doit rester propriétaire des parts reçues pendant au moins 5 ans à compter de la transmission à titre gratuit.

- L'exonération totale ou partielle de l'ISF sur la valeur des parts de GFA non exploitants : lorsqu'en plus des conditions énoncées ci-dessus pour bénéficier de l'exonération des droits de transmission à titre gratuit, les baux sont consentis au profit du détenteur des parts ou d'un membre proche de sa famille dans le cadre de l'exercice de l'activité principale, la valeur des parts de GFA est exonérée d'ISF.

A défaut, l'exonération des parts sociales s'applique à concurrence des ¾ lorsque cette valeur n'excède pas 100 393 euro et à concurrence de 50 % pour la fraction de cette valeur qui excède les 100 393 euro.

Le Service Juridique

source : A/S

2 - Photovoltaïque : de nouveaux tarifs de rachat définis par l'Etat

Par un nouvel arrêté paru au Journal Officiel le 01/09/2010, l'Etat modifie une nouvelle fois les tarifs de rachat de l'électricité produite par les centrales solaires photovoltaïques.

Selon le gouvernement, le développement du photovoltaïque atteint aujourd'hui un rythme de croisière qui se traduit par une baisse globale, régulière et structurelle, des coûts d'investissements et qui justifie donc la diminution des soutiens. Hormis pour les projets domestiques inférieurs à 3 kWc, la baisse appliquée est de 12 %

Cette nouvelle tarification qui intervient moins de 8 mois après la parution du précédent arrêté, s'appliquera dès le 01 septembre 2010. Les installations dont les demandes complètes de raccordement ont été déposées avant cette date seront éligibles aux conditions de rachat du précédent arrêté.

Le tableau ci-dessous présente les nouveaux tarifs et les conditions d'éligibilité exigées :

Tarifs

Type d'installation

Conditions d'éligibilité

Avant le 01/01/2011

Après le 01/01/2011

58 cts / kWh

Installation de puissance < ou égale à 3 kWh sur un bâtiment à usage d'habitation principale

Le système photovoltaïque (PV) doit être installé sur la toiture d'un bâtiment. Il est parallèle au plan de ladite toiture.

Le système PV remplace des éléments du bâti, qui assurent le clos et couvert, assure la fonction d'étanchéité.

Le système PV doit être installé sur la toiture d'un bâtiment. Il est parallèle au plan de ladite toiture.

Les modules PV constituent l'élément principal d'étanchéité.

51 cts /kWh

Installation de puissance > à 3 kWh sur un bâtiment à usage d'habitation principale

Le système PV doit être installé sur la toiture d'un bâtiment. Il est parallèle au plan de ladite toiture. Il remplace des éléments du bâti qui assurent le clos et couvert, assure la fonction d'étanchéité.

51 cts /kWh

Bâtiment d'enseignement ou de santé de plus de 2 ans

44 cts / kWh

Autre bâtiment dont la date d'achèvement des travaux est effective depuis au moins 2 ans. Le bâtiment doit être clos (sur toutes les faces latérales)

37 cts / kWh

Autre bâtiment (neuf ou de moins de 2 ans

27,60 cts / kWh

Pour autre installation dont la puissance est < à 250 kWc (au sol, sur toiture plate...)

   

28,98 cts / kWh

Pour autre installation dont la puissance est < à 250 kWc en Charente-Maritime

Pour les centrales solaires au sol dont la puissance est > à 250 kWc, nécessité de permis de construire, d'étude d'impact, d'enquête publique.

Autorisation d'exploiter si puissance > à 4,5 Mégawatts = autorisation obtenue au terme d'un appel d'offre tel que prévu à l'art 8 de la loi n° 2000-108 du 10/02/2000 sur l'électricité. Sinon, déclaration = délivrance par le Préfet d'un certificat ouvrant droit à l'obligation d'achat.

29,80 cts / kWh

Pour autre installation dont la puissance est < à 250 kWc en Charente-Maritime

  • Tarifs applicables pour tous les projets dont le dossier complet de demande de raccordement est déposé avant le 31/12/2011
  • Au 01/01/2012, puis au 1er janvier de chaque année suivante, application d'une décote de 10 % sur le dernier tarif en vigueur

Les Conseillers du Service Gestion ainsi que les Juristes/Fiscalistes du CGO se tiennent à votre disposition pour vous accompagner dans toutes vos réflexions. N'hésitez pas à les contacter au 05 46 93 86 00.

Matthieu GUIHO

Conseiller d'entreprise

Contact(s) CGO
  • Armelle Bénard
  • Matthieu Guiho
07/09/2010

copyright © 2005-2012 CGO