expertise comptable / conseil d'entreprise
La demande en produit Bio a augmenté de 20% en 2009 dans les GMS pour la deuxième année consécutive mais l'agriculture française est en retard et ne peut pas satisfaire à la demande. La secrétaire d'Etat à l'environnement a annoncé que l'objectif de développement en volume pourrait être encore plus ambitieux et intégrer des critères de saisonnalité et de proximité.
Deux arrêtés signés le 16 mars et publiés (après les élections régionales) le 23 mars viennent compléter l'arrêté qui était paru le 12 janvier 2010. Les conditions tarifaires données par ce dernier sont confirmées et des précisions sont apportées sur les dérogations relatives à la rétroactivité de l'arrêté.
Le premier ministre François Fillon a annoncé le 23 mars l'abandon de la taxe carbone qui devait entrer en vigueur le 01 juillet sous prétexte de ne pas vouloir pénaliser la compétitivité des entreprises françaises et qu'une telle taxe ne serait efficace que si elle était appliquée au niveau Européen. Les acteurs de l'environnement y voient plutôt un sacrifice obligé sur l'autel de la défaite de l'UMP aux régionales et ont fait savoir leur déception.
L'arrêt cadre pour la campagne d'irrigation 2010 devrait être publié prochainement. Les dernière négociations avaient lieu le 23 mars lors d'une réunion de l'observatoire départemental de l'eau. En Charente Maritime il y aurait 1687 irrigants arrosant 196 527ha soit 45.9% de la SAU. Eux et leurs représentants ont claqué la porte de l'observatoire. Une baisse des seuils d'irrigation leur serait de nouveau imposée en 2010. En contrepartie, ils souhaiteraient que les dossiers de constitution des fameuses réserves puissent avancer mais ceux-ci continuent de leur être refusés et bloqués par des recours aux tribunaux.
Suite à la tempête Xynthia 22 000 ha ont été inondés en Charente Maritime, dont 15 à 16 000 ha pendant plusieurs jours. Environ 300 à 400 exploitations sont concernées avec 100 à 150 exploitations très touchées. La priorité a été d'évacuer l'eau des parcelles et maintenant se posent tous les problèmes agronomiques : destruction ou retard de culture, salinité des sols, tassement, retard d'accès aux parcelles pour les apports d'engrais ou la mise à l'herbe. La Chambre d'Agriculture, la FDSEA et les JA17 sont en train de mener une enquête auprès des éleveurs sinistrés pour recenser les besoins en fourrages.
La MSA a présenté le 23 mars les résultats des 10 ans d'enquête Phyt'attitude sur les déclarations d'incidents liés à l'utilisation de produits phytosanitaires. Les accidents les plus fréquents surviennent lors de l'utilisation de pulvérisateurs portés à dos, de la rupture de tuyaux ou pour le débouchage de buses.
Seul un applicateur sur deux utilise des gants et ils sont globalement réticents à utiliser des équipements de protection. L'enquête montre que les agriculteurs sont d'avantage soucieux de l'efficacité du produit, de son coût et des contraintes environnementales que de leur santé.
Quelques milliers de nouveaux déclarants PAC sont attendus cette année : maraîchers purs, viticulteurs, arboriculteurs et viticulteurs qui veulent bénéficier de l'aide bio et ceux qui demandent la subvention de 65% pour l'assurance récolte.
Pour ces nouveaux déclarants mieux vaut s'y prendre suffisamment tôt car tout est à faire : demande de numéro PACAGE, commande de fonds de cartes (par internet uniquement), dessiner les ilôts et déclarer les productions. Les autres agriculteurs déjà « rodés » doivent également penser à déclarer leurs surfaces en vignes, vergers et légumes à partir de cette année. Cette année encore la Télédéclaration est encouragée et les dossiers sont à déposer avant le 17 mai.
Le débat sur l'avenir de la PAC après 2013 est amorcé et quelques pistes ont été discutées lors du Conseil Economique et Social Européen du 18 mars dernier : aides forfaitaires variables en fonction des régions, des sols, des utilisations qui puissent garantir une agriculture à haute valeur environnementale capable de fournir des biens et services à la communauté.
Certains plaident pour une agriculture paysanne et d'autres mettent la priorité sur le potentiel de production de l'Europe. L'idée d'une assurance revenu en cas de crise est également discuté, mais son coût élevé et une mise en oeuvre compliquée risquent de poser problème.
Lors de la réunion du comité de suivi du prix du lait qui se tenait à Paris le 18 mars la FNIL (Fédération Nationale des Industries Laitières) a refusé de valider les indices d'évolution des marchés qui avaient pourtant été entérinés lors de l'accord sur le prix du lait du 3 juin 2009. De son côté la fédération des producteurs entend faire respecter l'accord mais le désaccord demeure.
Comme l'an dernier l'hiver a été long et n'a réellement cessé que mi-mars. Les cultures ont logiquement pris une à deux semaines de retard. Ceci n'est pas inquiétant et tout dépendra des conditions climatiques à venir. La reprise de végétation est plus marquée dans les zones qui ont connu des précipitations ces derniers jours.